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Un militaire la fleur au fusil à Angoulême - Charente Libre du 22 février 2011

février 22nd, 2011 by bsbc

Il est officier de la Marine, aristocrate et propriétaire du château de la Tranchade à Garat. Presque tout seul, il s’est lancé dans la campagne des cantonales avec l’espoir de faire triompher «le bon sens».

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Dominique de Lorgeril et sa suppléante Rosine Titalom sur le marché de Basseau pour une distribution de tracts comme des bouteilles à la mer. Photo Phil Messelet

Son statut de militaire lui interdit d’adhérer à un parti politique et s’il était élu, il faudrait qu’il fasse une croix sur son salaire d’officier de la Marine nationale. Mais il en faudrait plus pour décourager Dominique de Lorgeril. A 48 ans, ce militaire qui a fait plusieurs fois le tour du monde a décidé de se lancer dans une campagne d’un tout autre genre: il est le candidat le plus inattendu des élections cantonales sur le secteur d’Angoulême-Ouest, qui va du Plateau à la cité de Basseau.

Qu’est allé faire le capitaine de vaisseau dans cette galère ? Certains pensent qu’il a de grandes ambitions politiques, qu’il se rôde pour la députation. Lui jure «vouloir se mettre au service de ceux qui en ont le plus besoin».

Sur le marché de Basseau, le chef de bureau «condition du personnel de la marine» à l’état-major, qui est aussi catholique pratiquant, comte et propriétaire du château de la Tranchade à Garat, est loin de ses horizons habituels. Mais cela ne l’empêche pas de distribuer ses tracts aux clients, comme on lance des bouteilles à la mer, et d’engager de brèves conversations qui se terminent toutes par un éclat de rire.

«Moi, je ne fais pas de promesses»

«Sourire et vaincre», la devise de la Flottille 33F, son ancienne unité d’assaut de la Marine, lui sert de passeport sur ces rivages qu’il découvre depuis deux mois. «Je suis étonné par les relations que j’ai nouées. Contrairement à ce que l’on peut penser, c’est plus facile de faire campagne ici que sur le Plateau. Le lien humain et social est plus fort.»

Marguerite, une figure de la communauté portugaise qui lui sert de poisson-pilote, est sous le charme: «Il est gentil. Et il est très beau dans son costume de militaire», s’esclaffe-t-elle, avant de redevenir un peu plus sérieuse: «J’aime bien sa sincérité.»

Sincérité et politique, une association qui fait bondir l’inévitable Laïd Bouazza. Cette figure du quartier a fait la campagne de Philippe Lavaud (PS) en 1998, celle de Martine Faury en 2004. «Tout ça c’est du pipeau», lance-t-il, au détour d’un étal, au candidat et à sa suppléante noire Rosine Titalom. «C’est la mode. Quand on fait de la politique aujourd’hui, on se croit obligé d’avoir son arabe ou sa black de service», grogne-t-il.

«Ce qui me fait le plus mal, c’est d’entendre tous ces gens qui disent avoir été trompés par les mensonges des politiques», témoigne Dominique de Lorgeril. Pourquoi les électeurs devraient-ils le croire lui, plus que les autres ? «Moi, je ne fais pas de promesses», répond-il.

Plus qu’un programme, le candidat propose une ligne de conduite: «Le bon sens pour le bien commun.» C’est le nom de son blog (1) dans lequel il explique pourquoi il «aime la vie». Le militaire, qui aime citer «Le Petit Prince» et qui propose aux jeunes des quartiers d’écrire avec lui une «charte du citoyen», a gardé la fraîcheur des boy-scouts, qu’il accueille chaque été dans sa propriété de la Tranchade. Ce côté idéaliste, utopiste, quitte à passer pour un naïf, il l’assume, en citant le général McArthur: «On devient vieux parce qu’on a déserté son idéal.»

Dominique de Lorgeril croit même qu’il peut être élu. Sans la puissance d’un parti politique, avec un staff qui se résume à Marguerite, à Rosine Titalom et à son amie Pamela de Montleau, avec un investissement qu’il évalue à 1.000 €, à tout casser: «Pour faire 400 tracts photocopiés, ça me coûte 40 €», glisse-t-il. Mais il admet aussi qu’il peut ne faire que 1 %: «Cela voudra dire que personne ne compte sur moi. Mais j’espère que j’aurai au moins contribué à lutter contre l’abstention.» Ce qui serait déjà une B.A.

(1) http://bsbc.blogvie.com/

“La main à droite, le coeur à gauche”

Dominique de Lorgeril le reconnaît, la première question que tout le monde lui pose, c’est de savoir s’il est de droite ou de gauche. Sa réponse est toujours la même: «Quand j’étais pilote d’hélicoptère et que je faisais du sauvetage en mer, je ne demandais pas aux gens s’ils étaient de droite ou de gauche avant de les sauver.»

A la préfecture, où les candidats sont tenus de s’inscrire sur un nuancier politique, Dominique de Lorgeril a choisi «Divers droite». «Mais je suis très loin de la droite ultra-libérale d’aujourd’hui», se défend-il. Malgré son statut de militaire et sa condition d’aristocrate, il réfute également l’étiquette de droite traditionnelle: «Au contraire, j’ai une vision moderne», assure-t-il, tout en mettant en avant ses valeurs: la liberté, la justice, l’humanisme, l’économie au service de l’homme, la jeunesse ou encore la famille.

Sur son blog, il tente de résumer: «On peut avoir la main guide à droite et le coeur à gauche, et tâcher ainsi d’agir en homme libre.»

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