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AAA : L’Epée de Damoclès

janvier 14th, 2012 by bsbc

AAA

Rédigé par un membre de l’association le 14 janvier 2012 

J’imagine l’amusement des technocrates de l’agence de notation lorsqu’ils ont choisi un “vendredi 13″ pour diffuser la nouvelle de la dégradation de la France dans l’échelle de l’autonomie financière.
Cela pouvait même donner un petit coté surnaturel (la rendant d’autant plus inéluctable), à cette fatale décision qui pesait sur nos têtes comme une épée de Damoclès (1).

Mais une fois encore, on ne voit qu’une des conséquences de la situation dramatique de notre pays qui a accepté de se soumettre aux dures lois de la finance mondiale en renonçant progressivement à ses pouvoirs régaliens (la justice, la défense, la monnaie). S’interdire de battre monnaie au travers d’une banque centrale d’Etat consiste à accepter la tutelle financière d’un pouvoir supranational.
Devoir ainsi financer le budget national sur les marchés libres et privés revient à devoir s’acquitter de la dime (pourcentage sur l’ensemble de l’économie nationale) à des sociétés privés qui jugent par ailleurs elles-mêmes des risques pris et des intérêts à payer.

La boucle est bouclée, et il n’est alors plus nécessaire d’envahir un pays pour s’emparer de ses richesses, il suffit de le financer et de le faire travailler. Souvenons-nous bien que par nature, l’argent ne « travaille » jamais par lui-même : la création de richesse ne vient exclusivement que de l’exploitation de richesses naturelles, du cycle de la vie ou du travail humain.
De ces trois sources de richesses, à part quelques minerais précieux et naturellement l’énergie fossiles, les autres ont été réduites à presque rien ou à son strict minimum. Citons seulement les produits agricoles issus tout de même de la formidable explosion de la vie naturelle donnant parfois à cent pour un et comptant désormais pour rien : une récolte de blé ne permet plus de rémunérer l’agriculteur qui doit être subventionné… La subvention va créer du déficit de l’Etat qu’il faudra financer… Et les Shadocks pompaient…

Nous assistons aujourd’hui à la faillite de ce système fou, qui ne manquera pas d’exploser, et le peuple devra alors retrouver sa liberté d’agir avec courage et détermination.

Faut-il alors s’inquiéter de la perte de ce fameux « triple A » ?

Oui et non, oui parce que cela va encore justifier temporairement des mesures de restrictions et des efforts demandés encore aux plus pauvres jusqu’à ce qu’ils n’en peuvent plus, et non car ce sont les signes incontournables de la faillite de ce cercle vicieux qui explosera de lui-même. Certes beaucoup perdrons leurs économies, mais il sera alors possible de reconstruire une société fondée autour de la nature et de la solidarité humaines. Aujourd’hui encore, l’Epée de Damoclès ne tient au dessus de nos têtes que par un fil…

Au-delà d’en constater les conséquences, il faut réagir et se préparer à reprendre la maîtrise de notre système économique et financier.

-o§o-

(1) Rappel historique :
A la fin du Ve siècle avant J.C., Damoclès était un courtisan de Denys l’Ancien, tyran de Syracuse. Au cours d’un banquet, alors que Damoclès lui disait combien il enviait son pouvoir et sa richesse, Denys chercha à le convaincre que la vie d’un tyran n’était pas aussi agréable qu’il le croyait.
Il faut bien reconnaître qu’entre les comploteurs et empoisonneuses prêts à l’envoyer ad patres à tout bout de champ, les épouses, concubines et maîtresses qu’il fallait satisfaire, l’argent volé aux pauvres qu’il fallait dépenser, l’absence de télé et de jeux vidéo…, la vie d’un tyran n’était finalement pas bien rose.
Bien entendu Damoclès n’en crut pas un mot.
Denys le fit alors s’asseoir sur son trône, prit son épée, arracha un crin de la queue de son cheval (qui hennit de désapprobation), y attacha l’épée et la suspendit la pointe en bas au-dessus de la tête de Damoclès en lui disant : “Profite bien maintenant de ce banquet et amuse-toi ! Tu vas rester à ma place jusqu’à sa fin et je te garantis que tu ne verras plus les choses de la même manière”.
Effectivement, Damoclès, dont la vie ne tenait plus qu’à un crin, eut un peu de mal à bien profiter de la suite du banquet. Un petit quelque chose l’empêchait d’être suffisamment serein pour apprécier pleinement sa nouvelle situation.

Posted in Actualité | 1 Commentaire »



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