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Face à la crise agricole… : un projet d’ Agri-hameau Intergénérationnel

février 28th, 2016 by bsbc

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La crise agricole n’est pas nouvelle…

Si le Président de la République est bien tristement conspué aujourd’hui par la France rurale, c’est qu’il porte la responsabilité, avec tous ceux qui l’ont précédé depuis 40 ans, de l’échec de la politique agricole européenne.

L’ultra libéralisme des grands groupes agricoles, céréaliers et de chimie phytosanitaire a conduit une politique productiviste qui a cassé dans l’indignité l’équilibre économique et social de l’agriculture, se soldant par le constat dramatique du suicide de plus de 150 agriculteurs français chaque année.

Nos dirigeants se sont résignés à la mort de notre civilisation rurale, il faut donc peu à peu inventer une nouvelle manière de vivre pour préserver la vie du monde rural.

C’est ce que nous essayons de faire bien humblement avec ce projet d’ Agri-Hameau Intergénérationnel.

Nous croyons à la nécessité de préserver de petites exploitations à taille humaine et tentons ainsi de faire vivre un petit domaine d’élevage (15 vaches limousines sur 18 ha) près d’Angoulême en Charente, en cherchant à toujours être innovants afin d’anticiper l’évolution du monde rural par une saine gestion des terres qui nous sont confiées.

Conscients qu’il est devenu impossible de tirer de l’agriculture extensive seule des revenus suffisants pour faire vivre un domaine, nous avons depuis vingt ans tenté de nous diversifier, tant par la vente directe de lots de viande aux consommateurs (réduction des chaines de distribution), que par l’accueil temporaire à la ferme (gîtes ruraux, chambres d’hôte et location de salle de réception), mais cela se concentre sur quelques semaines dans l’année malgré les investissements importants nécessaires.

Il fallait rendre ces activités de service plus pérennes, et est ainsi né ce nouveau concept d’  Agri-Hameau Intergénérationnel .

En s’appuyant sur l’analyse du vieillissement des populations périurbaines et rurales (attachées néanmoins à y vivre et y rester le plus longtemps possible), il s’agit de proposer des habitats qui puissent s’adapter aux évolutions des foyers.

Les logements initialement prévus pour accueillir une famille modeste avec l’arrivée progressive des enfants, sont facilement séparables et adaptables à l’accueil ultérieur de séniors ou d’étudiants, en recherche de petits logements, parfois prêts à proposer des services de proximité ou une simple présence rassurante.

L’Agri-Hameau Intergénérationnel est naturellement construit en pleine adéquation avec la nature environnante suivant le procédé constructif « GREB » (maison en paille sur ossature bois, récupération et recyclage des eaux et des déchets, toitures végétalisées) de manière quasi-passive (chauffage minimal permettant le développement d’une filière locale de bois énergie) et ancré sur le terroir de l’exploitation, en permettant les activités participatives de potager, verger et volailles, y compris les thérapies autour de la présence animale.

Naturellement économe, le développement de ce type d’habitat et de mode de convivialité fondé sur l’entraide intergénérationnelle et sur la consommation partagée de « produits de la ferme », peut répondre à un besoin croissant de sens et d’attrait pour le monde agricole régénérateur de vie.

Un projet expérimental de trois maisonnées va pouvoir être lancé dès cette année, afin de montrer qu’il pourrait permettre à certaines petites exploitations agricoles de se diversifier vers un accueil « en monde rural » plus structuré et permanent.

Retrouvez plus en détail le projet :  http://bsbc.blogvie.com/projet-agri-hameau/

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Retrouvez plus en détail le projet :  http://bsbc.blogvie.com/projet-agri-hameau/

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Terrorisme, une focalisation excessive

février 20th, 2016 by bsbc

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L’article de Pascal Boniface, directeur de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques), paru dans « La Croix » du 16 février mérite notre attention afin de s’interroger sur la focalisation probablement excessive qui est  actuellement faite par nos médias sur les conséquences des actions terroristes. N’est- ce pas ce qu’ils attendent, en leur donnant ainsi une victoire symbolique sur les esprits ?

 

La menace terroriste est devenue le centre de l’horizon médiatique, politique et stratégique français. Pourrait-il en être autrement? Les attentats de janvier 2015 avaient frappé la nation au plus profond. Elle avait fait face avec près de quatre millions de citoyens manifestant leur refus de céder à la peur. Mais le 13 novembre, 130 personnes perdirent la vie du fait d’attentats. Une escalade dans l’horreur, et dans les réactions qui ont suivi.

C’est devenu le sujet numéro un pour les médias qui ont vu leur nombre de téléspectateurs, auditeurs et lecteurs fortement augmenter et pour les responsables politiques qui doivent répondre à une demande de protection et de sécurité du public.

Dans l’ensemble, les Français ont réagi avec une très grande dignité à ces drames. Mais ils sont anxieux et ont besoin d’être rassurés.

On peut cependant se demander si, malgré l’intérêt marqué du public, on ne parle pas trop du terrorisme? Et si, ce faisant, on ne tombe pas dans le piège qui nous est tendu?     

Dès 1962, Raymond Aron écrivait que « les effets psychologiques du terrorisme étaient hors de proportion avec les résultats purement physiques». C’est encore plus vrai à l’heure des chaînes d’informations permanentes parce que c’est exactement ce que recherchent ceux qui ont frappé et veulent encore le faire : marquer les esprits. Ne risque-t-on pas alors de susciter un effet de galvanisation chez les terroristes qui vont crier victoire au vu de l’ampleur des réactions qu’ils suscitent? Cela leur permet de consolider leurs recrutements. . Ne crée-t-on pas un effet d’entraînement pour des esprits faibles qui pourraient, par mimétisme, essayer à leur tour de tenter de commettre un attentat? Ne risque-t-on pas de nourrir un climat anxiogène qui pèse sur le moral de la nation et l’activité économique. Et du coup de donner une victoire symbolique aux terroristes ?

Il ne s’agit pas de ne pas prendre en compte la menace. C’est indispensable. Mais faut-il en faire à ce point un élément du débat public? Ne pourrait-on pas agir avant et en parler moins? Par ailleurs, à trop se focaliser sur le terrorisme, n’oublie-t-on pas de réfléchir aux grandes évolutions mondiales, à la place de la France dans le monde, à ses marges de manœuvre qui ne peuvent se résumer à la lutte contre le terrorisme?

D’autres facteurs de mortalité ne suscitent pas la même mobilisation : 2 enfants meurent chaque jour sous les coups de leurs parents et 130 personnes à cause de l’alcool. L’an dernier, 412 personnes sont mortes de froid dans la rue et 3 500 autres ont été victimes de la route, en grande partie par la délinquance routière. Chaque année, 150 personnes meurent de violences conjugales. Ces morts ne suscitent pas la même mobilisation.

Parce que ces morts ne sont pas le fait d’une action politique volontaire qui veut s’atta­quer aux bases de notre société, il y a une acceptation sociale beaucoup plus grande pour ces types de violence qui pourtant font chaque année, beaucoup plus de victimes.

Les terroristes peuvent frapper en tous lieux et à tout moment. Il faut non pas s’y résigner mais s’y préparer, vivre avec ce risque comme nous vivons avec d’autres (maladies, accidents, etc.) en étant vigilants mais pas paniqués.

J’habite dans le 11e arrondissement de Paris où ont eu lieu les attentats de novembre. J’ai plus peur pour mes enfants s’ils doivent faire de longs trajets de voiture que s’ils partent boire un verre dans le quartier.

Pour horribles qu’ils soient, ces attentats ne menacent notre société que si nous cédons à la peur. Il est contre-productif de se focaliser de façon excessive sur ce défi stratégique, au risque d’occulter tous les autres. Cela reviendrait à céder au spectaculaire et à l’irrationnel et ne pas voir le structurel et le rationnel.

Pascal Boniface Directeur de l’IRIS (Institut de relations internationales et stratégiques)

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Gagner la Guerre ne suffit pas à gagner la paix

février 14th, 2016 by bsbc

Un sénateur s’est plaint récemment que des militaires puissent exprimer leurs idées comme citoyen… L’ancien monde est mort, notre société heureusement évolue.

Le chef d’état-major des armées vient d’écrire une remarquable tribune dans Le Monde du 21 janvier, dont vous retrouverez ci-après l’essentiel.

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La France est entrée en guerre contre des groupes terroristes islamistes. Face à cette menace, notre stratégie consiste à aller frapper l’ennemi là où il se trouve.

Mais la vertu de la force ne pourra seule régler ces conflits mondialisés.

Notre ennemi agit de façon asymétrique et terroriste. La France peut compter sur ses armées pour résister, affronter et vaincre cet ennemi. Protéger les Français est leur vocation. C’est pour cela qu’elles s’engagent avec abnégation, constance et professionnalisme, à l’extérieur et à l’intérieur des frontières. Le combat sera long. C’est la force légitime qui fait reculer la violence. Cette force doit s’inscrire dans une stratégie globale pour agir sur les racines de la violence car nous sommes face à une guerre d’un nouveau type. La vlolence est désormais sur notre sol.

Daech,  Et Al-Qaida, AQMI, AQPA, nos ennemi ignorent les frontières et jouent de la mondialisation pour recruter leurs exécutants, diffuser leur propagande, exporter leurs modes d’actions terroristes. Ils cherchent l’implosion des sociétés, l’installation d’un chaos propice à l’émergence d’un néocalifat. Ils véhiculent sur les réseaux sociaux une propagande agressive, réactive et de grande qualité technique qui cherche à discréditer nos valeurs et notre modèle de société.Le terrorisme n’est pour eux qu’un moyen parmi d’autres d’arriver à leurs fins.

Le mensonge et la dissimulation sont leur matrice : leur idéologie évoque un passé idéalisé et la promesse d’un futur fantasmé ; ils prétendent préparer l’avènement d’un monde nouveau, mais usent sans retenue d’une violence destructrice et nihiliste ; leur action répond à un plan qui repose sur la recherche du coup de force permanent et la surenchère de violence.

Face à eux, nos armées mènent avec nos alliés, au Sahel et au Levant, une véritable défense de l’avant de notre territoire, de nos valeurs, de notre société. Et les mêmes soldats, en appui de nos forces de sécurité intérieure, se tiennent prêts à s’opposer aux actions que des terroristes voudraient commettre au cœur de nos villes. Défense de l’avant et protection du territoire sont les deux volets d’une même volonté : protéger la France et les français. Nous sommes entrés dans une guerre mondialisée et il en résulte pour nos démocraties un lien fort, direct, entre leur sécurité extérieure et leur sécurité intérieure.

Je constate chaque jour que l’histoire s’accélère, de plus en plus brutale.

Devant la complexité de la violence que nous combattons, il faut aller au-delà des apparences et s’appuyer sur quelques repères. A cet égard, j’ai 4 convictions.

1/ La vertu de la force

Face à la violence, la force légitime et maîtrisée est indispensable. Gardons-nous du repli sur soi. Attendre que nos ennemis, experts en asymétrie, viennent à nous, ce serait leur montrer une faiblesse qu’ils exploiteront inévitablement. En Afghanistan : plus nous sortions de nos bases, moins nous étions attaqués par les talibans et plus la menace qu’ils faisaient peser sur la population s’estompait.

Aujourd’hui, au Sahel, nos armées empêchent que ne s’y forment de nouveaux sanctuaires terroristes. AQMI voulait installer un califat au Mali. Les résultats obtenus-là bas montrent que l’action porte des fruits dès lors qu’elle s’ancre dans le long terme et s’appuie sur l’endurance et la persévérance. De même au Levant au sein de la coalition, nous luttons pour contenir Daech jusqu’à ce que les partenaires locaux soient en mesure de le détruire. Nos actions aériennes – renseignement et frappes – complètent le combat au sol des forces locales. Cette stratégie nécessite, là encore, de la patience. Mais le temps s’accélère sous la pression de l’information continue et instantanée. Or, la violence sait choisir son moment pour frapper, alors que la force a besoin de temps pour produire ses effets. Le chef militaire doit intégrer la demande d’effets immédiats et visibles, sans pour autant subir la tyrannie de l’urgence.

2/La force n’est pas suffisante

Une stratégie basée sur les seuls effets militaires ne pourra jamais agir sur les racines de la violence aue sont le manque d’espoir, d’éducation, de justice, de développement, de gouvernance, de considération. Gagner la guerre ne suffit pas à gagner la paix. Quelle que soit la nature des crises, une approche globale est indispensable, c’est-à-dire interministérielle et internationale. Il n’y a pas de place pour le développement économique durable – sans sécurité, et il n’y a pas de sécurité sans développement.

Sans une éthique solide, se limiter à des actions militaires peut même nous faire basculer dans l’inconscience de la violence. Les armées sont l’expression régalienne de la force légitime d’un Etat qui se reconnaît dans les obligations du droit international. L’action de nos armées s’inscrit donc dans une stricte conformité au droit. Une frappe aveugle ne fera jamais une victoire, ni ne viendra à bout d’une folie ou de la misère. Pis, face au terrorisme, nous devons nous garder de tomber dans un mimétisme où nous perdrions notre légitimité et, plus encore, notre âme.

3/ Cohérence

Il s’agit de la cohérence entre les menaces, les missions et les moyens. Pour défendre notre pays, notre armée doit avoir une palette de capacités à ” large spectre “. Les menaces multiples se présentent chaque jour sous une forme différente. Seul un modèle complet d’armée permet de durer et de s’adapter mais exige de consacrer 2 % du PIB aux dépenses de défense. La guerre a un autre prix : celui du sang de ceux qui acceptent de se porter au-devant de l’ennemi.

4/ De belles armées

Nous avons de belles armées en perpétuelle transformation pour relever les défis d’aujourd’hui et répondre à ceux de demain. Au Sahel, l’immensité désertique, le caractère transfrontalier de la menace et des groupes terroristes qui esquivent le plus souvent le combat, sauf s’ils sont acculés. Trois mille cinq cents hommes sont engagés dans cette opération. (Au Kosovo, sur un territoire 200 fois plus petit, on a engagé jusqu’à 50 000 soldats.)

Pour prendre l’ascendant, il a fallu radicalement changer nos modes d’action aéroterrestres. Ils reposent sur la surprise pour frapper la logistique et les postes de commandement adverses.

Pour y parvenir, nos armées mettent en œuvre le triptyque renseignement, capacité de suivi et de frappe, 24 heures /24.

Nos armées sont servies par des femmes et des hommes de grande qualité, militaires et civils, d’active et de réserve. Nos jeunes militaires, qui sont issus de la société civile dans toute sa diversité, sont généreux ; ils ont le goût de l’effort et du dépassement de soi ; ils font preuve de courage qui peut aller jusqu’à l’héroïsme ; en 2015, 50 % des militaires ont quitté leurs familles plus de 200 jours par an. Ils défendent avec foi les valeurs de la France : la liberté, ils combattent pour elle ; l’égalité, ils la vivent sous l’uniforme ; la fraternité, ils la construisent au quotidien. L’armée, lieu de brassage et de promotion sociale, contredit le discours des terroristes qui cherchent, par la division, l’implosion de la société.

En contrepartie, pour tenir dans la durée, l’armée de la nation a besoin du soutien des citoyens ; elle compte sur chacune et sur chacun d’entre nous.

En définitive, mes quatre convictions n’en forment qu’une : la France avec ses alliés gagnera ce combat contre les groupes armés terroristes islamistes radicaux. Pour cela, elle peut compter sur ses armées qui s’engagent sans idée de recul ; leur qualité et leur efficacité sont une source de grande fierté. C’est aussi pour nous tous une raison d’espérer. Nos militaires, émanation de la nation, forment un ressort essentiel de notre résilience collective. Dans l’anonymat de leurs missions, à l’intérieur comme à l’extérieur des frontières, ils incarnent les valeurs de notre pays et l’espérance de notre jeunesse au service de la paix.

Général d’armée Pierre de Villiers

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